Outlander vs Angélique Marquise des anges

L’auteure Anne Golon a rejoint ses anges le 14 Juillet, mais son héroïne aura marqué tous les esprits. Vous connaissez toutes et tous l’histoire d’Angélique, Marquise des anges, série romanesque qui a vu le jour dans les années 50 et portée pour la première fois à la télévision dans les années 60 sous les traits de la célèbre Michèle Mercier. Chaque année, ou presque, l’une des chaînes nationales en diffuse les épisodes. Une nouvelle adaptation cinématographique réalisée par Ariel Zeitoun a d’ailleurs vu le jour en 2013 mais n’a pas rencontré le succès escompté. Nous préférons rester sur la première version !

 

 

 

Des héroïnes justement, il y en a de plus en plus, pour notre plus grand plaisir… ou pas !

 

Caitriona Balfe Outlander

Caitriona Balfe / Source : Wikipédia

Vous connaissez toutes Claire Randall, héroïne d’Outlander, infirmière pendant la Seconde Guerre mondiale qui se trouve téléportée dans l’Écosse du XVIIIe siècle en pleine guerre civile, incarnée par la splendide Caitriona Balfe C’est la série de romance du moment, qui cartonne sur les nouveaux canaux de diffusions web pour les fans de séries.

Série du vingtième siècle pour l’une, du vingt-et-unième siècle pour l’autre, beaucoup de choses les séparent et en même temps si peu à la fois.

Anne Golon angélique marquise des anges

Anne Golon / Source : Wikipédia

Il y a de quoi faire couler de l’encre lorsqu’on regarde de plus près tout ce qui pourrait être dénoncé au niveau de la condition des femmes et qui finalement ne sert qu’à montrer que, non, décidément, rien n’a changé…

Diana Gabaldon

Diana Gabaldon / Source : Wikipédia

D’Anne Golon à Diana Gabaldon, les personnages de ces deux femmes échappent de justesse à divers évènements dramatiques dont les viols pour les plus importants, l’autorité des hommes dans toute leur splendeur, les procès et autres douceurs que celui que l’on appelle « sexe faible » endure tout au long de sa vie… ou des chapitres et scènes audiovisuels.

Angélique, c’est l’histoire de la fille d’un baron, élevée très librement, mais qui finit par se retrouver mariée au comte Joffrey de Peyrac qu’elle estime fort laid. Elle finira toutefois par en tomber amoureuse, mais, bêtement, suite à la visite du roi Louis XIV qui la trouve plus belle que la reine, elle se trouvera jetée à nouveau dans les bras de complotistes contre ce même roi, qui n’hésitent pas à user de tous les moyens possibles et imaginables pour la tuer. Outlander, c’est l’histoire d’une jeune femme déterminée, courageuse et capable de trouver sa place dans un monde dominé par les hommes. Les combats ne lui font pas peur, elle a vécu la Seconde Guerre mondiale, les hommes non plus, elle les assistait au front. Elle estime s’assumer, sans rougir de ses envies… croit-on !

Et c’est bien cela le problème.

C’est qu’à force de nous montrer ces femmes qui ne sont pas de notre temps, nous pourrions penser que, non non non, elles vivent cela — et ça nous change les idées —, mais nous n’en sommes plus là, heureusement ! (Vous avez le droit de rire jaune)

Attendez, Claire Randall est une femme des années 40, pas d’aujourd’hui ! Elle s’assume ? Bien sûr que non ! C’est faux.

En nous montrant des images d’un autre temps, on peut croire que les lectrices et spectatrices vont se penser tirées d’affaires, qu’elles ne vivent plus autant d’injustices, de persécutions, de drames, et que leurs conditions ont changé. Entre nous : non, ce n’est pas le cas de la majorité des femmes. Loin de là. Mais on se bat pour que cela arrive enfin pour une majorité d’entre elles, pour nos filles … et nos fils aussi !

Les deux auteurs des ouvrages dont sont tirés les films/séries appartiennent bien au vingtième siècle (40 ans séparent la narration des premiers tomes de chaque saga. 1956 pour l’une, 1991 pour l’autre) et ne sont en rien représentatives des lectrices et spectatrices qui ont entre 20 ans et 35 ans aujourd’hui, adeptes de la lecture new adult et new romance, ayant aussi envie de montrer qu’elles peuvent être indépendantes, s’assumer pleinement (sexualité comprise) et se défendre.

Angélique, Marquise des Anges

Angélique, Marquise des Anges / Source : Télérama

Si nous restons indulgents vis-à-vis du personnage d’Angélique dont la rédaction de l’ouvrage commence sérieusement à dater, il y a tant de clichés qui appartiennent à un autre temps dans les aventures de Claire Randall d’Outlander que décidément, non, ce n’est pas possible.

Claire Randall Outlander

Claire Randall, Outlander / Source : Starz

Son personnage aurait pu être plus actuel et exprimer plus fortement sa volonté d’avancer, d’accomplir des bonds en avant et non en arrière en acceptant sa nouvelle condition de femme du XVIIIe siècle. Car oui, il y a de quoi bondir devant son écran (de télé, d’ordi ou de liseuse) lorsqu’on constate que loin de conserver et de pouvoir exprimer sa modernité, Claire Randall se laisse dépouillée de celle-ci.

Certes, son nouvel amour (dont elle tombe amoureuse en un clin d’œil telle une ado qui se pâme devant un chanteur de boys band) croit en elle et accepte ce qui vient du futur avec elle… enfin, un peu. Mais ceci est si peu exploité ! Utiliser le temps et l’impossibilité de changer les évènements (qui changeraient de fait le futur et donc son futur) est au final une sorte de prison. Les femmes et l’image que l’on donne d’elles a de quoi largement frustrer.

Écoutez Lemon June en parler. Cela vous donnera une petite idée de ce qui peut être dénoncé.

Pour autant, une fois que l’on a écrit tout cela, on ne peut que constater que la romance historique, ou de genre imaginaire, fonctionne bel et bien quel que soit la condition de la femme !

Si si si. Ne soyez pas déçue. On l’admet : on regarde (ou on lit) tout autant les aventures d’Angélique que celles de Claire Randall (OK, certainement plus pour l’attrait des costumes et de l’ambiance historique qu’autre chose. Mais ça fonctionne et on est vite addict…)

Comme le dit si bien Mango&salt , notamment à propos du roman :

Source : Mango&Salt

« en lisant le roman après avoir vu toute la saison 1 de la série, qui correspond pile poil à ce premier tome, (j’avais peur) de m’ennuyer ou de trouver ma lecture trop redondante. Mais il n’en a rien été! Non seulement certains passages sont différents de leur adaptation sur petit écran, ce qui provoque quelques surprises, mais en plus il s’avère très intéressant de revoir toute l’histoire du point de vue de Claire, qui est unique narratrice du récit. Au contraire, je me suis véritablement délectée de la longueur de ce livre, qui permet de savourer toutes les scènes et de prendre encore plus de temps avec les personnages. Le récit est criblé de rebondissements, de développements et de complications, si bien que je n’ai pas senti cette longueur comme un fardeau. Depuis que je l’ai fini, je ne pense d’ailleurs qu’à entamer le tome 2, qui est pourtant encore bien plus épais! (…) Parce qu’il est vraiment difficile de ne pas devenir addict d’une série comme Outlander, même énervée par la position du personnage féminin. »

Nous vous proposons d’écrire ce genre de romance où l’héroïne dévoile une certaine sexualité, MAIS en s’assumant et en prenant en compte certains éléments :

Si votre personnage subit des affronts et des injustices, cela ne doit pas l’empêcher de se battre et d’avancer pour sa condition. → à vous de le prouver. Cela fonctionnera tout autant.

Nous attendons vos manuscrits ! 🙂

Pin It on Pinterest

Partager avec vos ami(e)s